dimanche 12 janvier 2020

A propos du bulletin municipal n° 61 (2ème partie)


Deuxième partie de l’article « à propos du bulletin municipal n° 61 »


Dans cet article le maire reprend, à juste titre, l’information d’un collectif de citoyens faisant état d’une augmentation du budget de fonctionnement 2015 de + 496 000 €.

Comme nous l’avons vu précédemment, il attribue à tort cet élément à une diminution des dépenses, qui de plus, est purement fictive.



Nous constaterons que l’origine principale de cette augmentation spectaculaire du budget est liée à l’augmentation massive des impôts qui était en contradiction avec la très bonne situation financière de notre commune léguée par la précédente municipalité. Cette augmentation était, au moins dans sa temporalité et assurément dans son volume, inutile financièrement et injuste pour le contribuable communal.

Nous rappellerons qu’outre l’augmentation de + 9% des taux votée par la municipalité en début de mandat (une des plus fortes hausses des 730 communes de Moselle), en parallèle, les impôts ont augmenté aussi de façon « automatique » (par la loi de finances) de + 7,2 % sur l’ensemble du mandat. Ces deux augmentations se cumulent.



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Nous pouvons tenter à présent une explication à cette augmentation du budget de + 496 000 € :



Le budget communal se doit d’être en équilibre, à la fois dans sa composante « fonctionnement » et dans sa composante « investissement » il s’agit là d’une obligation légale.



Si le budget augmente, il n’y a que deux possibilités :



- Soit les dépenses augmentent, auquel cas il faut compenser par une augmentation des recettes pour retrouver l’équilibre (hausse des taux, emprunt).



- Soit les recettes augmentent, et il faut donc rééquilibrer le budget en y ajoutant des dépenses. Ces dépenses de rééquilibrage ne sont bien entendu pas de vraies dépenses, elles ne sont que virtuelles, et se retrouvent dans le budget de l’année suivante dans les recettes. Il s’agit donc d’un glissement des excédents d’une année sur l’autre.



Suite notamment à la forte hausse des taux d’imposition votée par la municipalité, les recettes fiscales ont beaucoup augmenté (on peut aussi ajouter que la précédente municipalité avait laissé un bilan financier plus que positif). Malgré la hausse des dépenses que nous avons vue précédemment, l’excédent a été très élevé.



Concernant le budget de fonctionnement :

Report d’excédent de 2014 vers 2015 : + 443 370 €

Report d’excédent de 2015 vers 2016 : + 662 274 €



Une collectivité ne peut pas thésauriser des liquidités, ce n’est ni sa vocation, ni son mode de fonctionnement fixé par la loi. Les règlementations et lois attestent que le citoyen n’est plus le sujet d’antan, et que le contribuable n’est plus cet être taillable et corvéable d’autrefois.



Le consentement à l’impôt est un élément structurant de la démocratie. L’histoire de France est jalonnée de révoltes fiscales.



Les élus ne peuvent ponctionner que ce qui est utile à la collectivité. Ainsi l’ont voulu avec justesse les législateurs. L’amoncellement de liquidités des années 2014/2016 est contraire à l’esprit, et probablement aussi, à la lettre de la loi.



Cette accumulation de liquidités obtenues par l’impôt, et pas par des économies, n’a aucun sens. Elle démontre que cette forte hausse des taux était inutile au regard de la situation financière très saine héritée de la précédente municipalité.



Si une correction avait été indispensable par la suite, il aurait été possible de voter une augmentation des taux calée sur la hausse des dépenses (ou de la baisse des recettes).



On peut aussi rappeler que les impôts augmentent « automatiquement », sans vote du Conseil Municipal, chaque année. Le coefficient de revalorisation des bases d’imposition est fixé par la loi de finance votée par l’assemblée nationale chaque année. Entre 1 % et 2,2 % d’augmentation automatique par an, soit sur l’ensemble de la mandature +7,2 %. Cette augmentation automatique vient se cumuler aux +9 % votés au début du mandat par nos élus.



Nous avons donc subi à Scy-Chazelles une hausse préventive des impôts, à l’aveugle, et très importante. Ce qui est un non-sens, budgétaire bien sûr, mais aussi démocratique vis-à-vis du contribuable-citoyen.



Pour information, concernant la section investissement :

Report d’excédent de 2014 vers 2015 : + 306 459 €

Report d’excédent de 2015 vers 2016 : + 439 300 €



Au vu de cette situation financière démesurément excédentaire, et de manière tout à fait étonnante, le 24 mars 2015, la municipalité a vendu l’immeuble de rapport situé au 1 rue de la Cheneau.



La manière dont s’est passée cette vente interroge. Un appel d’offre restreint avait été effectué par la municipalité. Le Procès-Verbal indique que deux bailleurs sociaux ont été contactés. L’estimation des services de l’Etat, qui donne un prix minimum était de 375 000 €, or, ce bien communal a été cédé pour 325 000 €, soit 50 000 € en dessous de sa valeur plancher.



La simple logique (sans même parler de légalité) aurait voulu qu’un nouvel appel d’offre soit lancé, plus large cette fois, afin de tenter de trouver un acquéreur au prix plancher. D’autant que la municipalité n’était pas à cours de liquidités, nous l’avons vu (plus de 750 000 € d’excédents cumulés).



Dans cette vente déficitaire, aucune urgence ni financière, ni technique ne parait susceptible d’être invoquée. Cette cession rapide, et à perte parait dénuée de sens. Au détriment du contribuable local.



Dans un prochain article, nous rectifierons quelques points du « bilan de mi-mandat » délivré en juin 2017 (bulletin n° 65), qui comporte quelques erreurs qu’il nous parait utile de relever et de corriger.


mercredi 8 janvier 2020

A propos du bulletin municipal n° 61 (1ère partie)


Dans le numéro 61 du bulletin municipal, daté de janvier 2016, à la page 5, nos élus nous informent d’une baisse des dépenses de - 260 000 € pour l’année 2015 (qui suit une précédente annonce de baisse de - 25 000 € pour 2014 (bulletin municipal d’avril 2015, n° 59, page 3 colonne du milieu, tout en bas).



Nous montrerons ci-dessous qu’il n’en est rien, et qu’au contraire, les dépenses ont augmenté de + 177 701 € durant la période citée par le bulletin municipal.



Nous donnerons aussi quelques exemples d’augmentation des dépenses (les dépenses consacrées aux « fêtes et cérémonies » sont passées de 16 544 € en 2013 à 24 273 € en 2015 ; celles dédiées aux « réceptions », de 2 556 € en 2013 à 4 932 € en 2015 ; le coût des « publications » de 6 605 € en 2013 à 9 468 € en 2015 ; des « charges de personnel », de 972 552 € en 2013 à 1 075 489 en 2015…).



Pour aller plus loin :

Afin d’appréhender la réalité de cette baisse des dépenses annoncée par le bulletin municipal, et la quantifier, nous comparons les dépenses de 2015 aux dépenses de l’année 2013 qui est la dernière de la précédente mandature (la nouvelle équipe municipale a été mise en place en avril 2014).



Nous utiliserons la formule : dépenses 2015 – dépenses 2013 = variation des dépenses.



Nous reprendrons les données des Comptes Administratifs 2013 et 2015 qui retracent les dépenses réelles de ces années.



Les dépenses de fonctionnement comprennent :

- les charges à caractère général (frais de secrétariat, d’entretien de bâtiments, d’éclairage public, d’entretien des véhicules, de salage des chaussées, d’animations estivales...).

- Les charges de personnel.

- Les charges de gestion courante (indemnités des élus, subventions aux associations…).

Charges à caractère général :

2015 : 611 775 €

2013 : 543 114 €

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Total : + 68 661 €



Charges de personnel :

2015 :  1 075 489 €

2013 :     972 552 €

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Total : + 102 937 €



Charges de gestion courante :

2015 : 111 095 €

2013 : 104 992 €

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Total : + 6 103 €



Total des dépenses 2015 : 1 798 359 € (611 775 + 1 075 489 + 111 095)

Total des dépenses 2013 : 1 620 658 € (543 114 + 972 552 + 104 992)

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Total :                                    + 177 701 €



L’origine de ce dérapage violent des dépenses, même si la commune a dû subir quelques frais supplémentaires, est probablement liée à l’augmentation massive des recettes fiscales, issue en grande partie de la forte hausse des impôts votée par la municipalité dès son entrée en fonction en 2014.



Sur les deux années 2014 et 2015 que nous étudions, la municipalité s’est retrouvée avec une quantité de liquidité démesurée. Cette manne d’argent frais, et facile (du moins pour la municipalité), n’a probablement pas encouragé nos élus vers la modération des dépenses.



A titre d’exemple, quelques dépenses réelles 2015 :



- Consacrées aux « fêtes et cérémonies », elles ont augmenté de + 47 % (16 544 € en 2013, 24 273 € en 2015).



- Celles dédiées aux « réceptions » de + 93 % (2 556 € en 2013, 4 932 € en 2015).



 - Les « publications » (bulletin d’information municipal) ont eu un surcout de + 43 % (6 605 € en 2013, 9 468 € en 2015)



-  Les « charges de personnel » ont augmenté de +10,5% (972 552 € en 2013, 1 075 489 € en 2015), dont les « emplois d’insertion » (emplois aidés), qui ont augmenté de + 130 % (48 934 € en 2013, 112 464 € en 2015).



Alors que la municipalité a augmenté massivement les impôts (une des plus fortes hausses de l’ensemble des communes de Moselle), toutes ces dépenses supplémentaires peuvent paraitre moralement très discutable.



Quant à l’annonce d’une baisse des dépenses impressionnante, en lieu et place d’une forte augmentation, ceci relève d’une conception de la démocratie représentative, et de l’éclairement indispensable du citoyen qui lui est consubstantiel, pour le moins singulière.



La fin de cet article sera mise en ligne le week-end prochain (11/12 janvier) sur le blog de l’association Scy-Chazelles pour Tous.
  

Il s’agira d’une mise en perspective de ces données budgétaires, avec la forte augmentation des taux d’imposition subie par le contribuable communal, dès l’entrée en fonction de l’actuelle équipe municipale. 


PS Il est possible de retrouver les articles du bulletin municipal (n° 61, page 5 et n° 59, page 3) sur le site de la mairie :




Documents : Compte Administratif 2013, et Compte Administratif 2015 :







 

2013 : Lignes 011 + 012 + 65 (543 114 + 972 552 + 104 992) correspondent aux dépenses de fonctionnement, opérations réelles, total : 1 620 658 €.








 : 2015: Lignes 011 + 012 + 65 (611 775 € + 1 075 489 € + 111 095 €) correspondent aux dépenses de fonctionnement, opérations réelles, total : 1 798 359 €.







Un complément qui peut être utile :


L’article du maire que nous étudions, n’était pas basé sur les dépenses réelles de 2015, mais comme il l’indique lui-même, sur le budget primitif.

Comme l’explique le maire dans l’article, le budget primitif est prévisionnel, ce qui est normal car il est voté au printemps de l’année en cours (il a été voté le 7 avril 2015).

Lors de l’élaboration du budget, une certaine prudence doit être de mise, et il faut prévoir quelques marges de manœuvre.



Contrairement à l’affirmation du bulletin municipal, les dépenses prévues dans le budget primitif 2015 n’étaient pas en baisse de – 260 000 €, mais en hausse de + 307 342 €. L’affirmation conclusive « ce qui relève d’une gestion sage et rigoureuse » parait bien ne pas être en adéquation avec la réalité budgétaire.



Document : Budget Primitif 2015 (propositions nouvelles, 697 300 + 1 102 200 + 128 500 = 1 928 000 €)