lundi 9 octobre 2017

27 septembre 2017: vente de l'école bicentenaire "Sous les Vignes"

Mercredi 27 septembre a eu lieu la vente de l'école Sous-les-Vignes.

Cette vente était dirigée par maitre Mahler, qui a officié une nouvelle fois avec beaucoup de professionnalisme, en délivrant avec clarté et rigueur toutes les informations indispensables à la vente de ce bien communal.

Malheureusement, les enchères pour cette belle bâtisse chargée d’histoire, située dans l’écrin du village ont tourné court. Et pour cause, il n’y eut qu’un seul enchérisseur !
L’école est donc partie au prix plancher de 350 000 €.

Encore une fois, on ne peut que s’étonner de la manière dont à Scy-Chazelles, les biens communaux sont vendus.

Pour la vente du presbytère (le 30 novembre 2016), remarquable bâtiment, voisin de l’école Sous-les-Vignes, nous n’avions eu que deux enchérisseurs (le troisième ayant immédiatement arrêté les frais). Mercredi, encore plus incroyable, il n’y eut donc qu’un seul et unique enchérisseur pour l’école.

Sans être un spécialiste du marché immobilier local, nul n’ignore que le village de Scy est un lieu prisé et très recherché par de potentiels acquéreurs. Une vente d’aussi beaux bâtiments que le presbytère et l’école, idéalement situés sur les coteaux ensoleillés du Saint-Quentin, au cœur du village de Scy si convoité, était gage d’un succès populaire assuré.
On ne peut donc que s’interroger sur la manière singulière dont ont été gérées ces deux ventes.

Le choix de la vente du presbytère, le 30 novembre 2016, par adjudication notariée à la bougie (à une date donnée, chez un notaire), permettant  d’obtenir « le meilleur prix » argué par nos élus, s’était déjà révélé décevant (et du point de vue de l’affluence, calamiteux ; trois enchérisseurs seulement pour cette grosse bâtisse avec jardin et garage).

Le retour d’expérience étant déplorable, il est difficilement compréhensible, voire aberrant, que nos élus n’en aient tenu aucun compte le 4 mai dernier, en décidant à l’unanimité, et sans aucune discussion, de renouveler ce mode de cession, visiblement inadapté à ce type de biens, pour la vente de l’école Sous-les-Vignes.

Fait remarquable, entre la vente du presbytère (le 30 novembre 2016) et celle de l’école (mercredi 27 septembre 2017), un des membres, très éminent, du Conseil Municipal, a vendu sa maison, et il n’a pas choisi l’option « adjudication notariée à la bougie ». Il l’a vendue de manière tout à fait traditionnelle, avec on s’en doute, l’objectif de préserver ses intérêts personnels, et d’en obtenir le meilleur prix. En bon père de famille serait-on tenté de dire.

La vente aux enchères présente l’intérêt d’être rapide, elle intervient à une date précise, et aucune clause suspensive n’est acceptée (notamment l’obtention d’un prêt bancaire qui parfois fait capoter les ventes ; ainsi que le délai de réflexion, qui est abrogé). Pour être autorisés à concourir aux enchères, les participants doivent préalablement déposer un acompte (élevé). Les personnes qui n'ont pas remporté l'enchère récupèrent leur chèque de consignation.
La plupart des prétendants à l’acquisition d’un bien sont souvent démunis, sinon rebutés face à cette procédure peu usitée, qui brasse des sommes très conséquentes, et dont il n’est pas évident d’en connaitre les codes. Les habitués de ces ventes aux enchères (généralement versés dans l’immobilier, architectes, promoteurs…), qui flairent les bonnes affaires, eux,  y évoluent comme des poissons dans l’eau.
Ce mode de cession est donc à privilégier lorsqu’il s’agit de vente de biens tributaires d’un calendrier serré, ou d’immeubles qui trouvent difficilement preneur par un mode de vente traditionnel (emplacement géographique excentré, situé dans des zones en voie de désertification, bâtiment en ruines, taille non conforme à un usage habituel…).
Bien entendu, le presbytère et l’école Sous-les-Vignes ne rentrent absolument pas dans le cadre des ces ventes difficiles ou à problème.

Une vente traditionnelle aurait intéressé un public nombreux, et on ne court aucun risque à postuler que plusieurs personnes auraient eu un coup de foudre pour cet emplacement privilégié au cœur du village, pour ce jardin attenant plein sud, et, malgré les travaux indispensables, pour vivre au milieu de ces vielles pierres qui font le charme du village.

On peut difficilement douter que ces deux bâtiments auraient sans problème trouvé acquéreur à un prix supérieur, à la seule condition de laisser un peu de temps au temps. L’intérêt général de la commune et de ses habitants, actuels et futurs, est à ce prix, et ne peut se satisfaire, ni du court terme, ni de pratiques hasardeuses.

Pourquoi lorsqu’il s’agit de biens communaux appartenant à l’ensemble des habitants et contribuables de la commune, les conseillers municipaux vendent-ils systématiquement nos biens chez un notaire à la bougie, avec les risques inhérents à cette procédure, et dans des conditions défavorables à la commune, alors que pour leurs biens privés ils n’y recourent pas ?
Pourquoi traitent-ils de manière si différente leurs biens personnels et ceux de la collectivité ?
Pourquoi expérimentent-ils pour les biens communaux, des modes de cession qu’ils ne pratiquent pas pour leurs biens personnels, et pourquoi persévèrent-ils (à l’unanimité) après une erreur déjà constatée ?

  
Après la vente le l’immeuble au 1 rue de la Cheneau, cédé 50 000 € en dessous de l’estimation du service des Domaines (qui délivre un prix considéré comme plancher aux collectivités), celle du presbytère en novembre dernier que nous venons d’évoquer, celle du terrain au chemin des Grandes Vignes vendu à un promoteur luxembourgeois pour 36,5 €/m2 (alors que, à titre de comparaison, quelques mois auparavant la commune avait acquis un terrain dans la zone de l’ancien magasin Aldi à 217 €/m2), puis celle de l’école Sous-les-Vignes, l’effet d’aubaine initié en 2014 par l’équipe municipale va bientôt prendre fin.
En effet, il ne reste probablement plus qu’un seul et unique bien communal de valeur, le terrain de jeu des enfants situé à coté de l’église, qui va être amputé de son espace herbeux située derrière le lavoir. Cette zone verte publique, arrachée à l’aire de jeux des enfants, devrait être au menu de la prochaine vente communale.

Mercredi, à l’étude de maitre Mahler, un invité, inhabituel pour la vente d’un bien, était présent. Il s’agit de l’avocat de la commune qui était venu évoquer avec l’unique enchérisseur, le recours en annulation que l’association Scy-Chazelles pour Tous a déposé au Tribunal Administratif contre la délibération du 4 mai 2017, point 11 de l’ordre du jour, portant sur la « désignation des modalités de vente et de cession de l’ancienne école maternelle Sous-les-Vignes », et ses conséquences sur cette vente, au cas où le Tribunal déclarait la dite délibération illégale. 

PS Je copie colle ci-dessous l’annonce concernant la vente de l’école Sous-les-Vignes pour les personnes ne connaissant pas ce bâtiment :
« Rare, l'ancienne école maternelle du village de SCY-CHAZELLES est à vendre. Une des plus belles vues du village, situation exceptionnelle pour cette bâtisse à rénover de 365m² hab. comprenant 8 pièces principales, grenier aménageable de 270m², garage, caves voûtées, terrain clos de 9ares77 avec préau et orienté sud. Chauffage gaz. ».
La mise de départ était de 350 000 €. Le prix final aussi…

Georges Kraus, association Scy-Chazelles pour Tous.



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